TEWI et LCCP : 2 indicateurs plus complets pour évaluer l’impact sur l’effet de serre d’un système de production de froid

Cet article nous fera découvrir des indicateurs encore peu utilisés que sont TEWI et LCCP. Il nous emmènera également à revenir sur des notions plus fréquemment abordées. Ainsi, nous évoquerons les performances au travers du COP (Coefficient Of Performance). Mais aussi le réchauffement climatique via le GWP (Global Warming Potential). Celui-ci est connu sous l’acronyme PRG (Pouvoir de Réchauffement Global) en français. Et puis quelques autres indicateurs permettant d’évaluer performances et impacts d’un système.

Une problématique environnementale peut en cacher une autre

Les fluides frigorigènes fluorés ont tout d’abord été pointés du doigt pour la problématique de disparition de la couche d’ozone troposphérique. Celle-ci fût d’ailleurs un bel exemple d’entente internationale. Elle a abouti à l’interdiction progressive des gaz des familles des CFC puis HCFC utilisés entre autres dans les systèmes de production de froid.

Mais désormais, la problématique environnementale majeure qui inquiète le monde est bien celle du changement climatique. Cela impacte l’ensemble des activités humaines : transports, logements, alimentation et bien entendu la production de froid.

Electricité et production de froid : loin d’être négligeable

En effet, en prenant en compte les seules consommations électriques, la production de froid représente 17% de la consommation électrique mondiale. Par conséquent elle représente 17% des émissions de gaz à effet de serre due à la production d’électricité dans le monde.

Mais lorsque l’on prend en compte cet impact lié à la consommation électrique d’un système de production de froid, on s’intéresse donc à sa performance. Pour laquelle l’indicateur utilisée est le COP (Coefficient Of Performance) qui n’est autre que le ratio quantité de froid produite divisé par l’électricité consommée pour le produire.

C’est bien entendu fondamental mais malheureusement loin d’être le seul élément entraînant un impact carbone.

Les différents impacts carbone d’un groupe froid

Un premier indicateur carbone : le TEWI

Un autre élément couramment mentionné est l’impact carbone dû aux fuites de fluides frigorigènes. En effet, si l’on considère les réseaux de froid urbains qui font pourtant figures de référence avec des taux de fuites extrêmement bas (autour de 1% par an contre plus de 10% pour les productions de froid autonomes), l’impact des fuites de HFC-R134a pèse 2 fois plus que la consommation électrique associée !

Cela nous permet d’introduire le premier indicateur, à savoir le TEWI (pour Total Equivalent Warming Impact). Le TEWI n’est autre que la somme des émissions directes (dues aux fuites) et indirectes (dues à la consommation d’énergie). Il est curieusement relativement peu utilisé, alors qu’il est aisément calculable.

TEWI et LCCP

Un second indicateur carbone : le LCCP

On gagne en précision, mais nous sommes encore loin du compte. Il a bien fallut produire ce fluide frigorigène, puis le livrer (en limitant les fuites). Et en fin de vie, il faudra procéder à la destruction du fluide.

Un indicateur a été créé pour cela : le LCCP (Life Cycle Climate Potential). Le LCCP est la somme du TEWI et des contributions carbone que nous venons de mentionner (production, livraison, destruction). Il est encore moins utilisé que le TEWI. Et pour cause, la plupart des informations concernant la production, la livraison, ou encore la fin de vie des fluides réfrigérants sont tenues confidentielles par les chimistes les produisant.

Des indicateurs pertinents …

Ces indicateurs, tout imparfaits qu’ils soient, apportent néanmoins bien plus d’éléments qu’un simple COP. D’autant qu’il est aisé de trouver un exemple comparant deux groupes froids (A et B) de COP différents, pour lesquels le TEWI sera à l’avantage du groupe A dans des pays à l’électricité fortement décarbonée (comme la France) et à l’avantage du groupe B dans des pays avec une électricité massivement produite au charbon (comme la Pologne).

… Mais limités aux émissions de gaz à effet de serre

Pour approfondir le sujet, il serait intéressant de se pencher sur l’analyse de cycle de vie complète d’un groupe froid. Cela en ne se limitant pas au seul impact carbone, mais à l’ensemble des impacts environnementaux, et ce tout au long du cycle de vie. Cela fera l’objet d’un prochain article.


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Vous avez envie d’aller plus loin sur le sujet des indicateurs liés à l’effet de serre des systèmes de production de froid ? Nous vous recommandons les lectures suivantes :

« Les fluides frigorigènes », de Daniel Colbourne et Francis Meunier.

« LCCP », Wikipedia

Chez Alpinov X  nous sommes pionniers dans l’utilisation de l’eau (R718) en tant que fluide frigorigène dans un cycle fermé sous vide d’évapo–condensation pour produire du froid.

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